Les difficultés du métier

Après une longue route à cheval, l’homme fit halte devant une taverne au bord de la route, laissa son cheval près des mangeoires et poussa la lourde porte d’entrée. Des murmures accompagnèrent son arrivée. Certains se montraient impressionnés par ses cheveux d’albâtre, ses yeux en pupille de chat et les deux épées ceintes sur son dos. D’autres grognaient insultes et menaces voilées face à cet être humain aux atours étranges, presque monstrueux.

Habitué à un tel accueil, le voyageur se dirigea vers le comptoir sans réagir aux provocations et commanda une bière. L’aubergiste considéra l’étranger d’un œil inquisiteur.

— Vous êtes un sorceleur, n’est-ce pas ?

Le voyageur hocha la tête avant de porter le breuvage à la bouche. De la pisse de chameau, mais si agréable après une longue journée de route.

— Vous devez avoir une vie drôlement excitante ! Les monstres à combattre, les jeunes femmes à protéger, les dragons à pourfendre…

Le sorceleur hocha la tête en silence. Il se garda bien de raconter ses activités de la journée : ramasser des herbes, fabriquer des potions, pister une chèvre pour la ramener à son propriétaire et rendre visite à une dame de petite vertu. Il songea à la carte rare qu’il venait de gagner auprès du tenancier du bordel.

—Dites-moi, vous jouez au Gwent ?

L’aubergiste hocha la tête, et le sorceleur sortit un paquet de cartes de sa besace…

(52 micronouvelles en 2018 – 6/52 – Série : Univers d’emprunt)

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