04.03.2026

Bonjour bonsoir,

J’espère que la saison vous est douce 🌷

Au moment où j’écris ces lignes, je pars demain dans ma famille en Auvergne pour mes 40 ans, j’ai un millier de tâches professionnelles et personnelles à boucler avant de partir, mais mon cerveau a décidé de relancer mon blog à la place 😬.

L’état de mon bureau alors que j’écris la première version de ce billet.

Donc, j’ai décidé de réinvestir ce coin d’Internet qui n’appartient qu’à moi. Où vous êtes les bienvenu.e.s, bien sûr, mais qui n’est pas la propriété de je ne sais quelle entreprise dirigée par un milliardaire quelconque, et où vous ne trouverez ni publicité ni algorithme.

Ceci n’est pas une tentative de rendre ce blog “utile”, dans le sens où je n’ai pas pour but de gagner de l’audience ou des ventes avec ces articles. Mes activités d’artiste font partie de mon univers, donc je les mentionnerai sûrement entre ces lignes, mais cet espace n’est pas un “canal de communication” pour lequel je vais établir un “calendrier éditorial” et publier un billet à chaque annonce de nouveauté.

Aujourd’hui, je choisis de revenir au plaisir du partage. Des textes, des photos ou les deux, comme je veux, quand je veux, sans contrainte de format ou de régularité.

En d’autres termes, je me réapproprie le plaisir de bloguer parce que j’en ai envie, pour m’exprimer d’un côté, et pour partager un bout de mon univers avec vous de l’autre.

Dans ce billet de retour, nous allons parler de :

  • Reprendre la souveraineté dans mon coin d’Internet
  • Nourrir un écosystème libre
  • Ce qui m’a manqué & pourquoi je n’ai pas tenu la reprise auparavant
  • Se reconnecter avec l’humain
  • Renouer avec l’écriture
  • Bienvenue par ici !

Reprendre la souveraineté dans mon coin d’Internet

Je ne sais pas pour vous, mais lorsque j’observe mes propres comportements d’Internaute, je remarque que depuis quelques années, je passe de moins en moins de temps sur l’Internet gratuit et ouvert à toustes, et de plus en plus de temps sur des écosystèmes fermés et détenus par des compagnies privées : YouTube, divers réseaux sociaux — ou devrais-je dire commerciaux —, ou bien des plateformes de streaming comme Netflix.

Force est de constater que ces îlots détenus par des entreprises privées se sont bien dégradés ces dernières années : les algorithmes ont pris le contrôle sur les contenus que l’on consomme, en ignorant totalement la liste des personnes que nous avons choisi de suivre en premier lieu.

La publicité est devenue de plus en plus présente, à la fois sous forme de contenus sponsorisés intégrés dans les contenus eux-mêmes, en plus des publicités traditionnelles qui viennent s’y ajouter. Même les plateformes payantes se permettent d’ajouter de la publicité à ce qu’elles diffusent, alors que le contrat initial sur Internet était : soit je paye, soit j’accepte de voir de la pub, mais pas les deux !

Sans compter le fait que de nombreux réseaux, initialement prévus pour les contenus écrits ou photographiques, se sont fait envahir par les vidéos au format court, peu importe si nous autres utilisateurices en avions envie ou pas.

L’impact sur ma création de contenu en tant qu’artiste

En tant qu’artiste indépendante et créatrice de contenu, la merdification de ces espaces s’est également traduite par des contraintes de plus en plus pressantes de format et régularité, de la censure plus ou moins obscure effectuée par l’algorithme sur nos propres publications, et autres joyeusetés qui m’ont fait quitter en 2025 le dernier réseau à contenu court que je fréquentais encore : Instagram.

Je suis toujours présente sur YouTube avec la chaîne florieteller, principalement parce que je prends beaucoup de plaisir à créer au format vidéo ; et parce que je trouve que Google est la plateforme qui traite le moins mal les personnes qui créent du contenu pour eux (notamment en leur reversant une partie des revenus publicitaires).

Mais depuis que j’ai quitté Instagram en octobre dernier, j’ai remarqué que je manque d’un espace pour partager un type précis de contenu : spontanés, parfois courts, ou au contraire des essais bien trop longs pour tenir dans la newsletter mensuelle (comme celui d’aujourd’hui), avec des photos, parfois, de l’écrit, toujours, des pensées pas toujours assez construites pour y dédier une vidéo ou une émission de podcast, une idée toute simple que j’aurais envie de partager sur le moment.

À l’époque, j’en aurais fait un post sur Instagram, un carrousel de photos avec une légende associée, ou encore une story.

Aujourd’hui, je n’ai absolument aucune envie de remettre le nez dans une plateforme à algorithme. J’ai hésité avec Substack, que j’utiliserai peut-être un jour pour créer une publication en anglais.

Mais au fond, j’avais envie de revenir chez moi.

Ici, sur ce site qui m’appartient et où je peux faire ce que je veux, comme je veux, déménager où je veux si besoin, sans dépendre d’une plateforme qui peut changer ses conditions d’utilisations ou ajouter de la pub sans prévenir.

Donc, voici la énième tentative de raviver la Nife en l’Air, ici, sur mon site d’artiste, le QG que j’ai tenu à conserver toutes ces années après avoir arrêté mon blog, lancé un podcast, une chaîne YouTube et une page Patreon.

Nourrir un écosystème libre

Raviver ce blog, plutôt que d’opter pour une plateforme plus “utile”, qui me permettrait d’être découverte par une nouvelle audience (comme Substack par exemple), c’est aussi une prise de position.

Ces dernières semaines, en silence et en coulisses, j’ai recommencé à lire des blogs.

Tout a commencé par la plateforme Substack il y a un peu plus de deux ans. Je me suis abonnée à quelques publications, j’ai installé l’app sur mon téléphone, puis je me suis sentie dépassée par toutes les options “type réseau social” de cette application et je m’y suis connectée de moins en moins souvent.

Récemment, nous avons eu une discussion sur le canal “Slowpreneuriat” du Discord de Café aux étoiles, où ma copine artiste Aemarielle parlait de son attachement à son blog personnel, sur son site à elle, qu’elle alimente avec grand plaisir.

J’ai eu envie de retourner la lire. J’ai gobé tous ses articles des six derniers mois d’un coup. Puis, je me suis souvenue d’autres blogs que j’aimais lire par le passé, notamment des blogs d’auteurices de fiction comme Lionel Davoust, John Scalzi ou Ilona Andrews.

Je ressens une immense gratitude pour le fait que, même si je les avais oubliés ces dernières années en tant que lectrice, toutes ces personnes ont continué à tenir leur blog personnel.

Retrouver leurs billets a été comme un retour à la maison.

J’ai toujours adoré lire ce type de blog, alors pourquoi me suis-je laissée autant distraire par les réseaux commerciaux ?

C’est une question rhétorique : en réalité, je m’en fiche du pourquoi. Ce qui compte, c’est que je reprends la souveraineté sur le contenu que je consomme. J’ai installé une nouvelle app de flux rss après avoir utilisé Feedly pendant plus d’une décennie, et je prends grand plaisir à savourer un ou deux articles avec mon café du main ou mon thé digestif du midi.

Ou dans la salle d’attente chez le médecin, dans la queue du supermarché, dans le métro ou le train…

Toujours avec mon carnet attrape-idées à portée de main, au cas où je souhaiterais garder des idées et recommandations issues de ces articles écrits par des êtres humains dans leur propre espace d’Internet.

Un aperçu de mon carnet attrape-idées au format poche, rangé dans sa couverture “Grand Voyageur” de Paper Republic.

On reparlera de ce carnet, ici et ailleurs, mais en attendant, aujourd’hui, alors que je devrais être en train de préparer le voyage que j’entame dans 24 heures, j’ai décidé d’apporter ma pierre à l’édifice.

Après tout, quelle meilleure manière de montrer que les blogs ne sont pas morts qu’en remettant le mien à jour ?

Ce qui m’a manqué & pourquoi je n’ai pas tenu la reprise auparavant

J’ai ouvert mon premier blog en 2007, sous Blogspot (ou bien cela s’appelait-il encore Blogger à l’époque ?). Il s’appelait Nihon Kikô, ou “carnet de voyage au Japon”, et il servait à tenir mes proches au courant de mes tribulations pendant mon année d’échange à Tôkyô l’année de mes vingt ans.

Puis, en 2009, j’ai lancé la Nife en l’Air, un espace où je publiais mes poèmes, non-fiction créative et morceaux de fiction. Jusqu’en 2016, j’y ai partagé mes diverses réflexions de jeune adulte qui apprend à définir sa vie. J’ai beaucoup écrit sur le minimalisme et le slow, la philosophie de vie en général, tout en évoquant des coups de cœur culturels et autres pensées plus ou moins décousues, de manière spontanée.

À l’époque, il n’était pas question de faire plaisir à un algorithme. Le nombre de vues n’était pas affiché sur un article de blog, et il n’était pas possible d’y poser un “like”. Le seul indice de la popularité d’un blog, c’était le nombre de commentaires laissé sous chaque article.

Dix ans plus tard, après avoir alimenté des plateformes blindées de statistiques comme YouTube ou Instagram, je prends conscience de la paix et la liberté qu’apportait le blogging : pas besoin de s’inquiéter de tous ces chiffres qui n’existaient pas à moins d’aller les chercher soi-même dans un quelconque tableau de bord.

Aujourd’hui encore, je peux m’exprimer comme je veux, à la fréquence que je veux, aucun algorithme ne viendra me punir si je ne me présente pas tous les jours, et advienne que pourra.

Le blog me manque, et ce n’est pas nouveau

Comme les archives de cette version de la Nife en l’Air l’attesteront (j’ai décidé de les laisser en ligne pour l’histoire qu’elles racontent), ce n’est pas la première fois que je tente de réinvestir ce blog.

J’ai cherché à en faire un journal slow, à reprendre les articles écrits, à les associer à ma lettre mensuelle, à en faire un compagnon des carrousels Instagram avec quelques explications supplémentaires sur des instantanés de ma vie.

Le rythme n’a jamais tenu. Et je pense savoir pourquoi.

À chaque fois, j’ai repris le blog avec ma casquette d’artiste indépendante et entrepreneure : en le traitant comme un canal de communication, qui doit servir un but marketing et s’intégrer à mon calendrier éditorial.

En d’autres termes, je me suis mis une pression professionnelle sur un espace qui ne réclame que ma spontanéité et ma créativité pour subsister.

Vais-je tenir la distance cette fois-ci ? Seul le temps nous le dira.

Mais ce qui est sûr, c’est que mon approche est toute différente aujourd’hui. Ce blog n’existe pas “dans le but de” quoi que ce soit.

J’ai prévu d’écrire quand j’en aurai envie, quand je serai inspirée, même si je devrais être en train de préparer mon voyage du lendemain, parce que je suis poussée par un élan créatif que je pensais avoir tué avec la professionnalisation de mon art.

Peut-être ai-je d’autant plus besoin d’espaces créatifs sans contrainte professionnelle, justement parce que j’ai fait le pari de devenir artiste de carrière et que tant de choses reposent désormais sur ma créativité (on en reparlera).

Se reconnecter avec l’humain

J’ai constaté un effet secondaire très intéressant en tant que lectrice depuis que j’ai repris la lecture des blogs dans mon petit coin : j’ai noté un nombre de recommandations plus intéressantes et diversifiées en quelques semaines que je n’en avais reçu via les algorithmes depuis des mois.

Des groupes de musique, des livres, des séries et films, des expos et événements, des sites Internet, des artistes et petites marques, d’autres blogs…

Alors, je me suis souvenue de la belle époque des “Blogrolls” : lorsque je découvrais un blog qui me plaisait, je me jetais sur la page “Blogroll” pour voir quels autres blogs cette personne recommandait et y dénicher d’autres pépites.

Je naviguais, sans algorithme, de blogroll en blogroll, je sélectionnais ce qui me plaisait, je notais ce qui attirait ma curiosité et je cherchais ensuite des informations dessus.

Bien sûr, les écosystèmes humains étant interconnectés, je finissais par retomber sur quelques mêmes références populaires, mais le fait est qu’il existe une valeur certaine à la recommandation sélectionnée par l’humain, surtout dans un monde où l’algorithme, dirigé par des règles obscures, nous enferme dans des bulles de plus en plus étroites.

À mesure que je réinvestis cet espace, je partagerai moi aussi, comme je le fais déjà dans l’encart “chaudron d’inspiration” de ma newsletter mensuelle, divers contenus qui m’ont inspirée. Et peut-être qu’un jour, je vous concocterai même ma propre Blogroll, tout droit tirée de mes flux rss.

Mais essayons de pérenniser cette routine créative de loisirs avec ce blog d’abord.

Renouer avec l’écriture

La dernière raison pour laquelle j’ai souhaité relancer la Nife en l’Air, c’est pour renouer avec l’art d’écrire.

Il y a plus d’une décennie, lorsque je tenais encore la première Nife, avant le podcast et la chaîne YouTube, avant le burnout (et longtemps avant d’avoir un enfant), l’écriture s’infusait dans l’ensemble de mon quotidien.

Écrivaine en tout début de carrière, je participais activement à un forum d’écriture où je relisais et me faisais relire mes textes de débutante, j’avais publié mon tout premier manuscrit terminé sur Wattpad (une plateforme qui m’est récemment revenue en mémoire avec beaucoup d’affection). J’écrivais des nouvelles que je soumettais à des appels à texte. J’écrivais aussi pour le travail, notamment des communiqués et dossiers de presse—un autre exercice, mais de l’écriture tout de même.

Mais surtout, j’écrivais plusieurs fois par semaine sur mon blog. Je pratiquais cet art sous plein de formes différentes, de la communiquante à la poétesse (j’ai participé à un “inktober” en écrivant 31 haiku illustrés il y a quelques années par exemple), en passant par le blog et l’écriture de fiction.

Aujourd’hui, tempêtes de la vie faisant, je me suis détachée de ces formes d’écriture l’une après l’autre. Submergée par le travail en 2020, j’ai quitté le forum d’écriture. Le blog ? Abandonné depuis longtemps. L’écriture de fiction ? Je travaille sur le même roman depuis près de cinq ans (il serait temps de le terminer, celui-là, même si la version d’aujourd’hui n’a plus rien en commun avec le premier jet de début 2021). La création de contenu ? Quasi exclusivement aux formats audio ou vidéo.

Même si je ressens beaucoup de gratitude pour la Florie passée qui a tenu bon pendant tous les hauts et les bas de sa trentaine, le fait est qu’aujourd’hui, l’écriture, mon moyen d’expression premier, me manque profondément.

Alors je réinvestis ce blog comme un premier pas vers le retour de l’écriture dans mon quotidien. En me focalisant sur le plaisir de créer, comme à l’époque où mon blog n’était rien d’autre qu’un loisir, sans pression de statistiques ni de professionnalisation.

Bienvenue par ici !

Si vous êtes en train de lire ces lignes, et que vous avez persévéré jusqu’au bout de ce billet beaucoup plus long que je ne l’avais initialement prévu en ouvrant cette page, alors bienvenue ou bon retour sur la Nife en l’Air 😊

Seul le temps dira ce qu’il adviendra de cette initiative, mais si mes billets d’humeur, instantanés photos et réflexions variées au format écrit vous intéressent, vous pouvez vous abonner au flux rss (qui contiendra aussi les notes d’émission du podcast Café créatif, en toute probabilité), ou bien vous inscrire à la lettre créative et sereine mensuelle, où je liste tous les contenus que j’ai créés au fil du mois pour que vous puissiez y piocher ce qui vous intéresse.

En attendant, merci d’être là et de m’avoir lue jusqu’au bout, et à la prochaine !

Florie 🍀

Pour promouvoir des contenus financés par l’audience plutôt que la pub, et me permettre de continuer à créer des contenus gratuits et ouverts à toustes, vous pouvez me soutenir pour le prix d’un café sur Patreon. Merci à mes mécènes 🖤

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