Dans ce billet inspiré d’événements de ce week-end, je vous présente l’idée de créer des bulles d’espace mental libres, sans distractions, pour laisser les idées, pensées et autres inspirations émerger dans notre silence intérieur…

17.05.2026

Une bulle accidentelle

Au moment où j’écris ces lignes, nous sommes à la fin du week-end de l’Ascension, que j’ai passé en Alsace en famille. Ce dimanche matin, je me suis préparée pour aller courir, un plaisir tout particulier quand je suis ici pour savourer les chemins en forêt auxquels je n’ai pas accès en région parisienne.

Et là, je me rends compte que j’ai oublié mes écouteurs à Paris.

Il faut dire que la valise a été bouclée en hâte mardi soir, alors que je venais de passer deux jours à imprimer, découper, emballer et envoyer les commandes passées sur la boutique à la suite de la mise à jour de la semaine précédente avant de partir.

D’ailleurs, je remercie la moi passée d’avoir simplifié ma garde-robe et mon kit de papeterie, puisque j’ai pu finaliser une valise fonctionnelle en moins de trente minutes. Malheureusement, sans écouteurs.

Ce qui m’a obligée à aller courir sans aucun contenu dans les oreilles : ni podcast, ni musique.

Le moment est devenu une bulle en solo, où mon corps suivait la route habituelle de mon circuit de course en forêt, mais où j’ai créé, sans le vouloir avec cet oubli, une bulle d’espace mental totalement libre.

Vu que j’étais en train de courir seule, je n’avais personne avec qui parler, rien dans les oreilles pour me distraire, avec le corps suffisamment occupé pour ne pas pouvoir faire autre chose (comme scroller sur mon téléphone) mais l’esprit suffisamment libre pour ne rien avoir à faire d’autre que d’écouter ce qui émerge.

Une voix intérieure noyée

J’avais envie de vous en parler, quelques heures après être revenue, avoir pris ma douche et furieusement noté toutes mes idées dans le carnet idoine. Parce que cette expérience m’a prise au dépourvu.

J’ai testé ces dernières semaines d’aller courir avec de la musique plutôt qu’un podcast, et j’en avais déjà ressenti les bienfaits : sans les informations du podcast, je pouvais savourer l’écoute de mes morceaux préférés ou découvrir un nouvel album avec grand plaisir.

D’ailleurs, ça m’avait rappelé à quel point écouter de la musique sans aucune autre distraction m’avait manqué.

Mais créer cette bulle d’espace mental sans aucune stimulation autre que l’environnement qui m’entoure, c’est encore une autre expérience.

Imaginez-vous dans une salle de conférence pleine. Tout le monde s’installe et parle en même temps. Au fond de la salle se trouve une personne avec une idée brillante, mais trop timide pour s’exprimer.

Parfois, j’imagine ma voix intérieure de la sorte.

Dans la salle de conférence de ma conscience, tout un tas de personnes se battent pour mon attention, tout le temps : les personnes qui m’entourent et me parlent (ma famille, mon bébé, le téléphone qui m’annonce un message de proche…), mais aussi les podcasts, les vidéos YouTube, la musique de fond, le livre que je suis en train de lire, l’onglet Discord qui annonce un nouveau message, le micro-onde qui indique la fin de son programme…

Au milieu de tout ce chahut, la voix intérieure, qui vient de penser à une chouette idée de scène de fiction ou de vidéo à tourner, n’arrive pas à se faire entendre.

Parfois, je l’entends quand même (tant mieux !). Souvent, c’est quand les autres voix baissent un peu le ton : pendant que je fais la vaisselle, quand je suis seule et que ma petite fait sa sieste, quand le téléphone est en charge dans une autre pièce…

C’est là que mon carnet attrape-idées m’est devenu indispensable : dès que la voix d’une idée, une pensée ou une réflexion digne d’intérêt émerge, je saisis mon journal de poche et je la griffonne avant de l’oublier.

L’espace d’écouter cette voix intérieure

Ce que m’a apporté cette bulle inattendue de quarante-cinq minutes sans écouteurs, c’est cet espace, mais plus long et plus silencieux encore que d’habitude.

C’est comme si la réunion était terminée, la salle de conférence s’était vidée, à part quelques retardataires (les oiseaux qui chantent et que je remarque, la fleur que je veux prendre en photo, le coureur que je croise et qui me dit bonjour).

Il ne reste plus que moi, ma voix intérieure, et l’espace de vraiment écouter ce qui se passe dans ma tête.

Je pense que beaucoup d’entre nous fuyons ces bulles d’espace mental, soit parce qu’on a une telle charge mentale quotidienne que la voix ne fait que nous répéter tout ce qu’il faut penser à faire (là encore, mon carnet attrape-idées vient à la rescousse pour la rassurer que oui, c’est noté, non, on ne va pas oublier), ou encore quand on traverse une période émotionnellement difficile et qu’on n’a pas vraiment envie d’entendre ce qu’elle a à nous dire.

Mais bien souvent, cette voix a plein de choses très intéressantes à raconter. En tout cas, la mienne regorge d’idées.

Je suis rentrée de ma course à pieds avec des idées pour mon futur atelier sur la routine de journal, pour un vlog à tourner en début d’été, pour cet article de blog que j’écris présentement, tant que je suis dans l’enthousiasme de vous partager cette idée.

J’ai également trouvé une idée pour mon univers de fiction de l’Office des enquêtes discrètes, pensé à regarder sur Décathlon pour le pantalon de course à pieds que je cherche depuis plusieurs semaines, et trouvé une solution à expérimenter pour débloquer mon problème de carnet de culture que je ne pense jamais à utiliser.

Si je n’avais pas eu cette bulle d’espace mental, sans distractions ni stimulations, pour écouter ces idées, elles m’auraient peut-être traversé l’esprit sans que j’en prenne note, ou elles seraient peut-être reparties aussi vite qu’elles ont émergé, sans avoir l’espace de grandir et s’approfondir.

Aujourd’hui, cette bulle s’est créée de manière fortuite.

À partir de maintenant, j’ai envie d’en inviter davantage dans ma vie, de manière intentionnelle. Mettre de côté le podcast pendant la vaisselle ou le ménage hebdomadaire, voir ce qui émerge pendant que mes mains sont occupées mais mon esprit est libre.

Aller me promener sur le chemin en allant faire les courses de la semaine, sans les écouteurs. Prendre le temps de me réveiller le matin avant de sauter sur le café, le flux rss ou la liseuse.

Je ne pourrai pas m’octroyer quarante-cinq minutes d’espace mental à chaque fois, surtout avec un bébé à la maison. Mais même cinq-dix minutes par ci par là, avec le carnet attrape-idées à portée de main au cas où, j’ai hâte de voir l’effet sur mes pensées, mes idées, mes inspirations, ma connexion avec moi-même, tout simplement.

Merci d’avoir lu cet article jusqu’au bout ! Si vous avez des bulles d’espace mental dans votre quotidien, n’hésitez pas à les partager, ça me fera plaisir de les découvrir.

À la prochaine,

Florie

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