Dans l’article d’aujourd’hui, j’ai envie de partager mes réflexions et ressentis sur les saisons de l’année et de la vie, s’accueillir et s’apprécier comme on est, et autres pensées autour de la confiance en soi, inspirée par un grand tri vestimentaire que j’ai fait ces deux derniers week-ends pour changer de saison, mais aussi trier mes vêtements d’avant la grossesse…

La routine annuelle du tri saisonnier

Ces deux derniers week-ends, j’ai effectué un grand tri de ma garde-robe. Les changements de vêtements saisonniers sont une habitude annuelle que je pratique depuis plusieurs décennies à ce stade : depuis que j’ai emménagé dans un petit studio avec cave à Lyon en 2001 et que j’avais besoin de faire de la place dans mes placards en mettant les vêtements hors saison à la cave.

Depuis, chaque année en avril et en octobre, je range mes vêtements de la saison qui se termine pour ressortir ceux de celle qui arrive. C’est une façon de trier : remarquer quelles pièces je n’ai pas portées depuis plusieurs mois, ce qui a été troué ou déchiré, ce qui est devenu trop petit, trop grand, détendu ou délavé.

C’est aussi une manière de redécouvrir mes vêtements de saison, après six mois sans les avoir vus. À chaque fois, j’ai l’impression de faire un peu de shopping dans mes propres cartons, me réapproprier mes favoris et ajouter un peu de fun à ces moments de transition annuelle.

Enfin, c’est une manière de protéger et prendre soin de mes vêtements hors-saison : je les emballe dans un sac où j’enlève l’air, pour éviter qu’ils ne s’abîment pendant que je ne les utilise pas. Pour le peu de pulls en cachemire qu’il me reste après l’invasion des mites d’il y a deux ans, je prends même le temps de les mettre 48h au congélateur avant de les stocker pour m’assurer que je ne les range pas avec des œufs.

Mon nouveau corps de maman

J’ai voulu vous en parler sur le blog cette année, parce que mon tri de vêtements a pris une dimension un peu plus importante cette année.

En effet, en plus de trier ce que j’ai utilisé cet hiver, comme d’habitude, j’ai ressorti deux ans de vêtements mis de côté, depuis ma grossesse. Mon corps a changé depuis la naissance de mon bébé. Non seulement ma taille a changé pour certaines pièces, mais la construction de mes tenues est différente, de manière à sublimer les nouvelles courbes de mon corps.

Du coup, depuis deux ans, je me réapproprie mon style vestimentaire petit à petit, jour après jour. Je prends mes tenues en photo tous les jours et je les ajoute à une catégorie dédiée dans mon journal numérique (j’utilise l’app Day One mais je pense qu’il existe des app de journal intégrées aux OS des téléphones maintenant).

À partir de ces photographies, je prends le temps de comprendre quelles sont mes tenues favorites et pourquoi, quels assemblages et proportions me plaisent le mieux aujourd’hui.

En parallèle, je suis devenue absolument intraitable sur le confort : les chaussures qui me donnent des ampoules alors que j’ai eu plusieurs saisons pour les faire à mon pied ? Au recyclage. Les pantalons dont la taille me rentre dans le ventre quand je m’assois ? Au recyclage. Les t-shirts dont les manches me serrent les biceps ? Au recyclage.

Ainsi, jour après jour, j’ai sélectionné mes favoris, noté les caractéristiques de mes préférences, acheté quelques remplacements l’année dernière à ma taille, et mis de côté tout ce qui ne me convenait plus, mais sans m’en débarrasser.

Je voulais laisser le temps à mes hormones de se stabiliser et à mon corps de s’ancrer avant de les ôter de ma vie définitivement.

M’ancrer dans cette nouvelle saison de ma vie

Aujourd’hui, ma fille a dix-huit mois, j’avais une pile absolument ingérable de vêtements au milieu de mon placard, et j’ai décidé de dire au revoir à ces pièces, et par la même occasion à la saison de ma vie avant la maternité.

Autant vous dire que j’ai longtemps procrastiné. Non pas par flemme de trier autant de vêtements d’un coup, mais par peur de mes propres émotions.

Je craignais de mal vivre ce dernier au revoir à mon corps d’avant, mais aussi à mon style de vie d’avant. Parce que je ne suis pas seulement devenue maman. J’ai eu 40 ans, je me suis mise à mon compte, et ma vie a drastiquement changé par rapport à ma trentaine.

Quand je travaillais dans la communication, j’avais une vie professionnelle très active : je participais à des streams, à des événements, je voyageais partout dans le monde pour les salons de jeux vidéo, je voyageais vers Varsovie pour aller au studio pour lequel je travaillais…

Même si le milieu du jeu vidéo est assez relax côté style vestimentaire, c’est quand même un style de vie qui n’appelle pas aux mêmes tenues vestimentaires que lorsqu’on passe quasiment toutes ses journées chez soi avec un bébé baveux à écrire sur un ordinateur ou peindre dans un carnet.

Donc, quelque part, ce tri vestimentaire représente la manifestation physique d’un changement profond de saison de ma vie. Je ne suis plus la jeune professionnelle de la communication, active, dynamique et sans enfants.

Je suis désormais la maman d’âge moyen, artiste indépendante et travaillant en solo, chez moi, en gardant mon bébé à la maison toute la journée.

Quelque part, en allant emporter mes anciens vêtements en donation ou au recyclage, j’entérine ce changement. Comme je passe au printemps en rangeant mes pulls en cachemire, je passe à cette vie de maman et artiste d’âge moyen en triant ces vêtements de ma vie d’avant.

Un soulagement et un nouveau souffle créatif

Le week-end dernier, j’ai donc osé affronter mes propres émotions et je me suis lancée.

À ma grande surprise, au lieu d’être triste ou nostalgique, je me suis sentie soulagée et reconnaissante. Soulagée de lâcher cette peau morte et d’acter cette mue vers la Florie que je suis devenue. Reconnaissante envers la Florie du passé et tout ce qu’elle a vécu pour m’amener jusque là.

J’ai aussi pris conscience que, même si je garde d’excellents souvenirs de ma trentaine, cette vie d’avant ne me fait plus du tout envie. Je ne veux plus subir douze heures d’avion pour aller participer à un salon de travail à l’autre bout du monde. Je ne veux plus travailler des week-ends sur des événements à piétiner toute la journée sur un stand pour un client.

En d’autres termes, ma vie actuelle me convient parfaitement. Idem pour ma garde-robe réduite et désencombrée.

En triant ces anciens vêtements, j’ai pris conscience à quel point je me sens bien dans les tenues que je porte maintenant. Je me suis trouvé un nouvel uniforme, simple et élégant, dans lequel je me sens bien (confortable) et jolie (dans mon style esthétique, et qui met en valeur mes formes).

Comme si, là aussi, mes tenues représentaient une métaphore de ma vie actuelle. Après quelques années de transition côté professionnel puis personnel, j’ai l’impression d’avoir trouvé ma place là où j’en suis aujourd’hui.

Cette mue de ces anciennes tenues, adaptées à mon ancien corps et mon ancienne vie, m’a permis de libérer mes ailes et pleinement savourer cette nouvelle saison de vie qui commence. Tout comme le fait de ressortir mes pantalons en lin et mes jolies robes imprimées sont une promesse de savourer l’été qui arrive…

C’est peut-être un peu curieux d’avoir dérivé une réflexion existentielle à partir d’une session de tri de petites culottes et de pantalons troués entre les cuisses, mais j’avais envie de la partager avec vous.

Déjà, parce que parfois, nous avons peur des potentielles émotions que nous allons ressentir face à une nouveauté ou à une étape de passage, alors qu’il est temps de passer à la suite et que nos émotions ne seront pas aussi lourdes qu’on le pense avant de s’y mettre.

Ensuite, parce que nous vivons dans une société où le fait de grossir et de vieillir sont mal vus, alors que personnellement, je me sens plus épanouie à mon âge dans le corps que j’ai, et j’avais envie de partager cette alternative avec vous.

Enfin, parce que je pense que cette réflexion est le symptôme d’une période introspective que je suis en train de commencer à vivre : maintenant qu’une nouvelle page de ma vie s’ouvre, qu’ai-je envie d’y écrire ? Qu’est-ce qui est important pour moi maintenant ? Qu’est-ce qui fait que ma vie mérite d’être vécue ?

Plutôt que de redouter ces grandes questions de la vie, je les accueille avec enthousiasme et confiance : je vois ces questions comme des ouvertures au possible et à de belles années qui m’attendent, aussi bien en tant qu’adulte, femme, artiste et mère.

Merci d’avoir lu ce billet tout droit sorti du cœur jusqu’au bout, merci d’être là, et à la prochaine !

Florie 🌱

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6 Comments on “Accueillir les saisons de l’année & de la vie | Pensées post-tri de vêtements saisonniers”

  1. Merci Florie pour ce poste très riche qui parle bien des saisons de la vie et comment nous pouvons à chaque instant nous réapproprier notre quotidien, notre corps, nous réinventer en fonction de l’étape à laquelle nous sommes.
    Mon entrée dans la quarantaine a aussi été marqué par ce type de réflexions même si je commence tout juste à accepter mon nouveau corps avec la péri-ménopause. Je me sens plus alignée avec mes choix de vie et valeurs qu’il y a 10 ans. Parfois les passages font peur car c’est comme si on disait adieu à ce qu’on a été, quand finalement on est juste plus riche des expériences qui nous ont conduit jusqu’ici.

    • Merci pour ton commentaire Marie !
      C’est très juste que ces transitions de vie peuvent faire peur parce qu’on dit adieu à la personne du passé pour accueillir celle que l’on est devenue. Je suis d’accord qu’avec le temps, on s’enrichit de nos expériences et on apprend à se connaître et s’aligner de mieux en mieux 🙂

  2. Bonjour Florie,
    Votre article m’a sincèrement ému. J’ai beaucoup aimé votre parallèle entre les saisons de vie et les saisons de l’année.
    J’ai également passé un cap ces dix dernières années : je suis passée de la ville à la campagne, d’un appartement à une maison, d’une vie de célibataire à une vie de femme mariée, de la fonction publique à l’entrepreneuriat (nous avons d’ailleurs fait la BSB ensemble), et je suis devenue maman d’un petit garçon de trois ans.
    Je n’ai jamais été aussi heureuse mais je me raccroche encore à ma vie d’avant que je peine à laisser partir, et maintenant que je vous lis je comprends que ma garde robe l’illustre parfaitement.
    Merci pour vos partages si justes et si beaux 🌷

    • Bonjour Léa,
      Merci pour votre commentaire qui me va droit au coeur ! C’est vrai que nos vies changent parfois de manière drastique, mais petit à petit sans qu’on n’en prenne réellement conscience dans le quotidien. Merci pour ce partage d’expérience, c’est vrai que c’est parfois inconscient, la manière dont on se raccroche à une saison précédente de notre vie.
      Ah c’est chouette qu’on ait participé à la même saison de la BSB ! Je me demande parfois ce que devient chaque participant à cette formation, surtout que ça fait deux ans pour notre promo, il peut s’en passer des choses. En tout cas c’est courageux de passer de la fonction publique à l’entrepreneuriat !
      Merci d’être là et à bientôt j’espère 🙂

  3. J’aime beaucoup la conclusion. Le sentiment me parle beaucoup, car je me sens aussi, précisément cette année et en ce moment, dans ce type de passage, à l’orée de quelque chose de nouveau… Et, s’il y a certains deuils à faire, de la nostalgie également, c’est aussi pour moi l’enthousiasme et la confiance en la suite qui dominent.
    À part ça, le sujet des vêtements m’interpelle, et en même temps je peine justement à lui faire de la place dans ma vie. Je suis maman et je travaille de la maison depuis 12 ans, et j’ai l’impression d’avoir totalement perdu tout style durant cette période. Il faut dire que je n’aime pas magasiner; devoir m’acheter des vêtements est une corvée pour moi, je le fais aussi peu que possible.
    Mais, évidemment, je ressens aussi l’envie et le besoin d’avoir malgré tout de jolies tenues, et je rêve de la simplicité d’avoir une sorte “d’uniforme”, comme tu l’appelles, où tous mes hauts pourraient s’assortir avec tous mes bas, notamment. Le fait est que j’aimerais le résultat sans avoir à m’embêter avec le processus… LOL En fait, je crois que je dois trouver une façon de m’y mettre en douceur, progressivement et sans pression. Et merci, car c’est ce que m’inspire ton article! Je n’avais pas pensé à prendre en photo mes tenues pour les étudier plus tard, mais je vais essayer.

    • Merci beaucoup pour ton commentaire ! C’est une drôle de sensation d’être au bord d’un nouveau chapitre, effectivement comme tu dis entre le deuil, la nostalgie mais aussi un enthousiasme pour ce qui arrive 🙂
      Pour les vêtements, je comprends tout à fait le sentiment de vouloir le résultat d’une garde-robe simple à utiliser et à son goût mais de ne pas avoir envie de faire tout le travail pour y parvenir (surtout quand on n’aime pas acheter de nouveaux vêtements – j’avoue que ma solution pour ça, c’est de me tourner vers les mêmes marques, voire les mêmes modèles, histoire de ne pas avoir à chercher partout quand il me faut quelque chose de nouveau)
      Effectivement j’ai trouvé en tout cas pour moi, que la méthode progressive est la plus efficace et durable – porter ce que j’ai, prendre mes tenues en photo pour comprendre ce qui me plaît le plus et pourquoi, et trier à l’usage en fait, au lieu de chercher à tout faire d’un coup. J’espère que tu trouveras une façon de faire tranquille sans prise de tête <3

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